#GRAND10 : réflexions à froid 14 juin 2010
Le 10 juin dernier, près de 1000 personnes faisant partie de l’industrie de la communication romande (agences de publicité, graphistes, agences web, boîtes de production, annonceurs) se sont présentées pour assister à la soirée du GRAND Prix Romand de la Création qu’organise l’Association des Créatifs Romands. Un succès considérable compte tenu de la taille de notre marché, qui confirme qu’en sept ans cet événement, qui n’a jamais eu d’autre prétention que de mettre en avant le travail des agences de notre région, s’est converti en rendez-vous professionnel incontournable de notre secteur.
Depuis sept ans, le GRAND existe grâce à une équipe de bénévoles qui se charge de trouver le sponsoring et les partenaires pour la soirée, de recueillir les travaux des agences, de réunir un jury et finalement d’organiser ladite soirée. Cela représente un important nombre d’heures de travail pour des professionnels qui sacrifient bien des soirées, sans aucune contre-partie financière en retour.
Cette année, la cérémonie d’award a eu lieu au BFM, l’une des plus belles salles de Genève. Quoi que n’en pensent ou disent certains, la réception (salle, cocktail dinatoire, networking, espace start-up) a été à la hauteur de ce qui avait été promis. Seul « couac » – et, j’en conviens non des moindres pour les agences qui ont payé pour enregistrer leurs travaux - la projection de la cérémonie a connu un fâcheux incident technique. L’erreur du Comité, dont je fais partie, a été de ne pas confier à MCI (qui nous a aidés dans la logistique de la soirée) ou à Freestudios (qui a conçu la boucle) la production de la partie Award. Nous avons cru dans les capacités d’une petite boîte de production et force est de constater qu’elle n’a pas tenu ses promesses. Résultat : la présentation des travaux de la section « publicité » a connu quelques faiblesses. Mais – tout est bien qui finit bien – tous les prix ont été remis. Cette malheureuse mésaventure plaide pour un retour, l’an prochain, dans les locaux de la TSR, ce qui nous éviterait tous ces désagréments techniques.
Quid de la catégorie « mobile »
La question du refus d’un des jurys d’attribuer un GRAND aux catégories « mobile », « marketing direct » et « radio » est à dissocier de l’organisation de la soirée, car elle est de toute autre nature. Dans tout festival, le jury désigné est libre de ses choix. Chaque année, depuis la création du GRAND Prix Romand de la Création, on critique, on décortique, on regrette tel ou tel choix. Rien de plus normal, cela est sain et a permis d’ancrer la marque GRAND sur notre marché.
Cette année pourtant, quelque chose de différent est en train de surgir avec le cas du « mobile ». La blogosphère romande a crépité pour défendre cette catégorie (en oubliant les deux autres) a tel point que le tag #GRAND10 a dépassé en nombre de tweets celui de #worldcup.
Sur ce flux, on a fortement remis en question l’analyse du jury qui a estimé qu’aucun des travaux inscrits dans cette catégorie ne réunissait les conditions d’une application 2.0. De cette déception est née l’idée de créer un prix parallèle où les métiers du web, ou directement le public (selon les tweets), pourraient juger les meilleurs travaux du web.
J’en conclus que tant de passion prouve que le monde naissant du online est à la recherche de reconnaissance et de visibilité. Ce qui est tout à fait normal dans un contexte d’évolution technologique constant. Car en bout de chaîne, les annonceurs ont également besoin d’avoir une traçabilité sur les agences web présentes sur leur marché.
Depuis trois ans, nous avons intégré des catégories du web dans ce prix. Cette année, nous avons souhaité traiter le web non plus comme une section à part entière mais de l’inclure, convergence oblige, avec les publicitaires et les graphistes designers. Dès lors, pourquoi ne pas contester le choix du jury dans les catégories web (image) et web (design) ou spot viral et ne se focaliser que sur celle du mobile ? Doit-on comprendre qu’il aurait suffit de décerner un GRAND à cette catégorie pour que toute cette agitation n’ait jamais lieu ?
L’union fait la force
Reprenons nos esprits. Devenons-nous nous séparer ? La marque GRAND existe, elle s’est imposée. Et la couverture média est à la hauteur d’un événement réunissant 1000 personnes. Si les publicitaires, les graphistes et les photographes se sont unis voici sept ans malgré leurs différences, c’est bien parce qu’ils étaient conscients que trois soirées professionnelles ne pourraient jamais trouver de sponsors. Ensemble, nous sommes plus forts.
Certes, nous pourrions nous contenter tous d’une remise de prix « light », voire virtuelle. Les premiers GRANDs ont été confidentiels. Résultat : les agences sont venues, mais pas les clients. Or, le but de cet événement est avant tout de rappeler aux annonceurs romands et suisses que des agences travaillent sur notre marché et qu’il n’est peut-être pas nécessaire d’aller à Zurich, Londres ou Paris pour effectuer une campagne, un logo, un site ou une opération 360o.
Il semble normal que les nouveaux venus éprouvent le besoin, pour se créer un territoire, de considérer les acteurs déjà présents sur le marché comme démodés. La vitesse avec laquelle le web évolue contribue également à segmenter les agences en 1.0 vs. 2.0. De même qu’il est tout à fait évident que le concept du GRAND va devoir évoluer en raison de la diffusion toujours plus importante de ces nouveaux outils. Nous y travaillons déjà et prochainement le résultat de ces réflexions sera présenté au marché. Finalement, ce GRAND 10 nous aura tous rendu service.
PS : ce texte sera l’édito du prochain Cominmag
Leave a Reply