Huit Clos sur le Net…. et alors quoi ? 7 février 2010
Voilà, l’expérience des radios francophones sur les réseaux sociaux est finie. Les cinq journalistes ayant fait partie de « Huit Clos Net » ont tous tiré les mêmes conclusions : « certes nous avons pu nous informer sur les médias sociaux (en l’occurrence, facebook et Twitter) mais cela ne nous suffit pas à faire notre métier de journaliste. » Autrement dit : on est venu (dans le Périgord…. mais pourquoi un tel lieu pour parler des réseaux sociaux ??), on a vu (pas grand chose) et on a vaincu (les journalistes, notamment grâce aux agences de presse, restent les maîtres de l’information). Voilà circulez, il n’y a plus rien à voir !
Arrogance ou aveuglement ? J’hésite ! Finalement cette expérience qui était cousue de fil blanc se révèle fort intéressante. Qu’ont fait pendant 5 jours ces journalistes francophones ? Ont-ils posté des commentaires, ont-ils participé aux flux des discussions en ligne, ont-ils utilisé d’autres médias que celui d’où ils proviennent ? Quasiment pas ! La journaliste romande (Marie-Paul Martin ) n’a pas hésité à déclarer sur les ondes de la RSR « qu’il s’agissait avant tout d’une expérience radiophonique ».
A contrario, la blogosphère s’est mobilisée et a montré tout son savoir-faire. Effrayés par tant de e-réactions, nos journalistes « périgourdins » se sont sentis agressés. Et de décréter : « qu’il ne s’agissait pas d’un combat entre journalistes et bloggeurs. » Exact. Il ne s’agissait nullement d’une agression mais d’une démonstration de ce que le monde du Net peut générer de créativité et de talents. Question de prouver que l’on peut parfaitement s’informer via les réseaux sociaux; que l’on y trouve autant d’experts que dans les journaux ou dans les émissions de news mais qu’ici ils parlent sur leur « média ». Enfin, et c’est la grande leçon de ce « Huit Clos Net » que l’information, comme le savoir, n’appartiennent pas ou plus à une seule catégorie socio-professionnelle. Le monde 2.0 qui est en marche acceptera de moins en moins le diktat des journalistes « qui savent ». Chacun veut participer à la grand messe des news, car chacun veut son heure de gloire.
La révolution 2.0 met à mal tous les métiers d’intermédiaires. Le journalisme ne sera pas épargné. D’autant que la disparition de la publicité traditionnelle en réduisant fortement les ressources des médias va obliger les éditeurs de contenu à augmenter le prix de l’information. Le public ne suivra pas car le pli de la gratuité est pris. Sans parler des nouveaux outils (caméra, blogs, réseaux sociaux…) qui nous transforment tous en journalistes. Gavé par des décennies de « nous allons vous apprendre, vous faire comprendre » le public a non seulement fini par comprendre les codes mais se les a appropriés. Résultat : nous sommes tous des journalistes !
Alors à quoi a servi cette expérience ? A mettre les journalistes des grandes rédactions en contact avec la blogosphère. Interviewé par l’Expansion, Benjamin Muller de France Info a fini par reconnaître : « grâce à cette expérience, j’ai appris à utiliser cet outil (plus Twitter que Facebook) et je vais continuer à le faire à France Info. » Voilà tout est dit !
Je m’immisce… le temps de rétablir ma vraie identité (qui n’est pas donc Marie-Paul Martin).